Le dessein de Dieu sur les Nations.

Jean Parlanti
Editions du Cerf
Rédigé par :
Gilles Berrut
19 mars 2026
Review :
Xavier Cuche
Essai
Doctrine - Magistère
Écritures
Temps de lecture :
1
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Le dessein de Dieu sur les Nations. La valeur sotériologique du morcellement de l’humanité

Jean Parlanti

Éditions du Cerf, 2026

Le dessein de Dieu sur les Nations. La valeur sotériologique du morcellement de l’humanité

JeanParlanti

Éditionsdu Cerf, 2026

 

Le dessin de Dieu sur les Nations. La valeur sotériologique du morcellement de l’humanité

Jean Parlanti

Éditions du Cerf, 2026

Le morcellement de l’humanité, à la fois fruit du péché, et chemin de Salut, est un des paradoxes qui est peu abordé dans les travaux de théologie.

Jean Parlanti est prêtre de la communauté Saint-Martin. Il a soutenu, en 2024, une thèse de théologie à l’Institut Catholique de Toulouse intitulée « Le dessin de Dieu sur les nations », d’où est issu cet ouvrage.

L’enquête s’articule en trois parties :

- La première est une lecture de l’ensemble des Écritures, du livre de la Genèse à celui de l’Apocalypse. La dispersion de l’humanité est initialement une punition avec les épisodes des Tables des Nations (Gn 10) et de La Tour de Babel (Gn 11). La dialectique de l’Ancien Testament s’articule sur une opposition entre Israël et les Nations. La terre promise est une conquête sur les Nations et les fautes du peuple d’Israël, en particulier son infidélité à Dieu explique les défaites au cours de conflits avec les Nations. Le Nouveau Testament articule une triade Israël/nation/Église, faisant de celle-ci, à l’image de la Jérusalem céleste, le lieu de Salut où l’humanité se réunit.

- La deuxième partie est une relecture riche et précise des Pères de l’Église sur cette question. On cite évidemment Origène, Augustin ou Jean Chrysostome, qui, à leur manière, ont pensé l’origine des peuples et relu le morcellement de l’humanité, dû aux péchés des hommes, comme la chance paradoxale que les hommes puissent se rassembler par le Christ, non à travers leur nation respective, mais par leur commune renaissance dans l’Esprit, afin de constituer l’unique nation sainte.

- Enfin, la troisième partie est une réflexion théologique, qui envisage l’origine des nations, leur rôle dans la providence, le rapport entre les deux nations saintes que sont Israël et l’Église et leur destin eschatologique.

L’auteur, à travers ce parcours, montre que le terme biblique « ethnê », n’est pas simplement une manière de parler des païens, mais de l’humanité entière morcelée, appelée de manière sotériologique à se rassembler. Plusieurs théologiens modernes tels que Joseph Ratzinger, Erik Peterson, Jacques Maritain ou Charles Journet, se sont intéressés à cette question, au cours de ce XXe siècle de confrontations des nations au cours de deux guerres mondiales. Dans le catéchisme de l’Église catholique au numéro 56 et 57, qui en est une sorte de synthèse, il est écrit que Dieu cherche à sauver l’humanité au moyen de chacune de ses parties, indiquant que même si les nations sont nées du péché, elles deviennent instruments du salut, à condition qu’elles œuvrent au rassemblement de l’humanité.

On pourrait regretter dans ce travail de recherche, que la question du nationalisme ne soit pas plus explorée dans cette description exhaustive. De même, une relecture contemporaine de l’idée de nation eut été propice à actualiser la place de la nation par rapport à l’appartenance à l’Église, dans un monde en pleine remise en cause géopolitique.

A la lecture de cet ouvrage, on perçoit que la nation est une sorte d’outils qui tire sa vertu uniquement de la manière dont on l’utilise : issue du péché, elles peuvent ainsi devenir un des moyens de rassembler l’humanité quand on en fait un bon usage.

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