
La sécurité des entreprises a quitté progressivement l’exclusivité des forces de l’ordre. Depuis les années 80. Chaque entreprise est devenue une cible privilégiée et l’organigramme des entreprises s’est enrichi de postes de Directeur de la sécurité.
L’auteur, Arnaud Kaika, analyste géopoliques au secrétariat, général de la Défense Nationale et à la direction du renseignement militaire, puis devenu directeur de sécurité d’une grande entreprise, nous montre cette nouvelle activité et ses perspectives de développement.
Le besoin de sécurité des entreprises est né des différentes crises géopolitiques, de l’extension du terrorisme et de ces avatars digitaux avec les cybermenaces. L’État a soutenu l’initiative des entreprises au nom de la souveraineté et la protection des intérêts économiques de la Nation (p7). Leur mission est d’anticiper les éventuelles attaques, de cartographier les risques et de redonner une capacité d’entreprendre en maîtrisant ces risques.
Ce livre nous montre à travers la narration d’exemples précis, le développement de cette activité et les dispositifs mis en place pour répondre aux menaces. Au niveau international où parfois les attaques se font par des criminels soutenus par des réseaux de blanchiment, la sécurité ne se limite pas à des caméras ou des traceurs, mais demande une véritable vigilance et une présence physique.
Il y a une sorte de compétition entre le risque et la réponse risque qui impose une innovation constante et une spécificité accrue, notamment dans le champ du digital. Ainsi, les directeurs de la sécurité deviennent de véritables experts qui ont la particularité d’être en même temps d’une grande adaptation aux nouveaux enjeux.
L’auteur affirme que l’on ne recrute pas un directeur de sécurité comme on contracte une assurance et qu’il convient que les managers soient attentifs à comprendre les enjeux.
Ce livre est d’un style vif, aisé à lire, ce qui rend accessible ce sujet complexe et nouveau. La relation entre le personnel de l’entreprise et le directeur de sécurité montre qu’une adaptation est nécessaire, car le sentiment d’être épié peut nuire à l’esprit d’entreprise.
On aurait aimé que l’auteur approfondisse la question de légitimité par rapport d’une part aux forces de l’ordre, et d’autre part à la préservation des libertés individuelles.
Ainsi, il s’agit d’un livre document qui permet de saisir à la fois la complexité et les perspectives de développement des conditions de sécurité au sein des entreprises.